Vincent Van Gogh

Cette semaine, on veut du LOURD, du SALE, on veut du peintre, du vrai, du connu, et c’est parti pour Vincent van Gogh.

Alors, je vous le dis d’emblée, depuis mon article sur Gauguin, j’ai l’impression de déjà connaitre Vincenzo. Ah oui, on va l’appeler Vincenzo, parce que ça fait prénom de télé-réalité sur NRJ 12, les mecs avec la moitié de la tête rasée, qui disent ‘SOIRÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉE ALLEY LÀ’ dans des villas blanches à la déco ‘bohème-gipsy’. Bref je m’égare carrément là. Mais j’aimerais passer des vacances avec une telle personne. De préférence dans une ville qui finit par ‘A’ genre Marbella, Ibiza, ou Cancun.

La fiche ‘Pas que ça à foutre’

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Vincent Willem van Gogh
Autoportrait et Photo.

Né en 1853 aux Pays-Bas, à Groot Zundert (si jamais ce n’était pas clair, c’est néerlandais comme nom de ville).
Décédé en 1890 à Auvers-sur-Oise, en France, à 37 ans.
Mouvement post-impressionniste, et symboliste sur les bords. Les bords de quoi, je ne sais pas. Continuons.
Si vous ne savez pas ce qu’est le post-impressionnisme, ça tombe bien car c’est le seul courant sur lequel j’ai écrit un article, que vous trouverez en cliquant via ce permalien : Le post-impressionnisme.

Selon le site ‘Web Pédagogique’, voici la définition d’un permalien, car il n’est jamais trop tard pour apprendre quelque chose de peu utile mais de néanmoins existant :

Un permalien est un mot-valise formé par la contraction linguistique des mots permanent et lien. Un permalien est l’URL initiale d’un article ou d’une page (souvent une nouvelle ou une entrée de weblog) et restant inchangé de façon permanente, ou du moins, pour une certaine période de temps.

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Le point enchères

TOP 1

Portrait du docteur Gachet, 1890 C ArtPrice.jpg

Portrait du Docteur Gachet, Juin 1890
Huile sur toile, 55x57cm
Vendue pour 72 millions d’euros (et des poussières) chez Christie’s, New-York en 1990.

TOP 2

Laboureur dans un champ, 1889 C Christie's.png

Laboureur dans un champ, 1889
Huile sur toile, 50x64cm
Vendue chez Christie’s New-York pour 61 millions d’euros, en novembre 2017.

TOP 3

Portrait de l'artiste sans barbe, 1889 C Artnet.jpg

Autoportrait de l’artiste sans barbe, 1889
Huile sur toile, 41x32cm
Vendue pour 55 millions d’euros, chez Christie’s New-York en novembre 1998.
Sans jugement aucun, ça se voit que ça ne va pas fort niveau moral. 
C’est tout pour moi. Pour d’autres analyses poussées,
n’hésitez pas à poursuivre la lecture de cet article. 

Bon bah voilà hein. On ne va pas en rajouter.
Sachez simplement que si vous avez un Van Gogh chez vous, vous êtes à l’abri de la famine. C’est toujours ça de pris sur l’ennemi.
On passe à la bio.

La biographie de la personne

Vincenzo naît aux Pays-Bas, blablabla franchement rien de spécial à dire sur son enfance, sa famille et tout le tintouin. Donc on accélère et on passe directement à son adolescence.

Vincenzo commence sa carrière en tant que marchand d’art, mais il refuse de voir l’art comme une marchandise, donc il se fait virer.

Alors là, je vous arrête TOUT DE SUITE, personnellement, c’est un problème que je n’ai pas, il faut bien bouffer à la fin du mois, si vous voulez bien m’excuser.
D’ailleurs, il n’y a pas qu’à la fin du mois qu’il faut se nourrir.

Déjà petit, Vincenzo n’était pas au top niveau moral, il va à l’école, mais finit par préférer les cours à la maison, puis il entre au collège, mais quitte précipitamment ledit établissement car il ne supporte pas l’éloignement avec ses parents. C’est mignon, mais pas bon signe. J’vous l’dis.

Lesdits parents lui trouvent un boulot dans une librairie, mais c’est peu utile puisqu’il passe son temps à dessiner et à lire la Bible… Là-dessus, les darons comprennent bien que ça va être compliqué de devenir libraire, ils abandonnent l’idée et l’envoient à Amsterdam pour faire des études de théologie dans le but de devenir pasteur. Il foire ses études, once again. C’est la mi-sè-re ce gosse.

Le marché de l’art et le fait d’être pasteur, c’est de famille. Le père de Vincenzo, Theodorus, était pasteur à l’Eglise réformée de Groot-Zundert, et Anna, sa mère, a un très TRÈS joli prénom, ce qui est déjà pas mal.

Je ne vais pas continuer sur ce terrain car, vous l’aurez compris, Vincenzo est foireux : il n’arrive à rien de bien concret. Bon, il sauve des vies dans des mines en Belgique, ce qui est quand même pas mal, mais rien de concret sur le plan professionnel, on s’est compris.

En 1880, il se met à peindre, par défaut. Il a déjà 27 ans à l’époque. C’est-à-dire à peu de choses près mon âge, et je peux vous dire que si je me mets à peindre maintenant, il ne va rien se passer de bien.

Mais on n’est pas là pour parler de moi.

Vincenzo apprend à peindre en prenant des cours, mais on ne va pas se mentir, il y a un terrain favorable comme qui dirait.

On connait bien la vie de Vincenzo parce qu’il adorait écrire des lettres, notamment à son frère, Théo, un marchand d’art assez famous. Théo est vraiment un bon gars, il va financer son frère Vincenzo pendant toute sa vie, et lui remontera le moral tant bien que mal.

Vincenzo a été productif, on compte plus de 2000 toiles et dessins lui étant attribués.

Le début des hostilités

A partir de 1880, ça devient intéressant. Il fait moult croquis, moult dessins, et s’inscrit à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Il étudie un peu, puis rentre aux Pays-Bas et rencontre une prostituée qui pose pour lui.
Il chope une maladie vénérienne (faites le lien vous-même, je ne vais pas m’aventurer là-dedans) et s’installe avec ladite prostituée qui s’appelle Sien Hoornik au passage, ainsi que ses deux enfants. Il commence donc la peinture à l’huile dans leur nouveau logis, en 1882. Il détruit la plupart de ses oeuvres à cette époque, ce qui explique pourquoi il n’y a TOUJOURS PAS d’illustration de ce que fait Vincenzo…
Navrée pour l’attente.

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Champ de fleurs en Hollande, 1883

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Avenue de peupliers en automne, 1884

Vincenzo n’a toujours pas le moral, c’est même de pire en pire, il va dans la Drenthe, une province du Nord des Pays-Bas.
Pour le plaisir, je vous ai mis la météo du jour de la sortie de l’article dans la Drenthe.
Ça fait froid dans le dos.
Et son sentiment de désespoir ne s’arrange pas en y allant seul (sans déconner)…

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Il re-re-re-re-déménage pour rejoindre sa famille.
Et là, attention les yeux, parce que ça va vous rappeler l’escalade de la violence façon Rothko : Vincenzo rencontre une gonzesse, qui tente de se suicider, puis le père de Vincenzo décède et DU COUP, il se fait virer de chez lui par sa propre soeur parce qu’ils ne peuvent plus se blairer.
On se situe dans les années 1885-1886, Vincenzo découvre les impressionnistes, les estampes japonaises, ça aura au moins le mérite de l’inspirer. Bon, le fait d’être à Paris n’ayant jamais réussi à personne, Vincenzo est comme nous tous et en profite pour se bourrer d’absinthe. Ce qui n’aide pas. Du tout. D’ailleurs ça n’aide jamais. Enfin…

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Moulins à Montmartre, 1886

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Woman sewing, ça veut dire Femme qui coud, ou Femme cousant, 1885

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Les mangeurs de pomme de terre, 1885

Pour vous donner une idée, c’est à la même époque qu’Emile Zola écrit ses romans ultra joyeux genre Germinal et compagnie…

Allez, pour le plaisir, un petit extrait de Germinal :

C’était la vision rouge de la révolution qui les emporterait tous, fatalement, par une soirée sanglante de cette fin de siècle. Oui, un soir, le peuple lâché, débridé, galoperait ainsi sur les chemins ; et il ruissellerait du sang des bourgeois. Il promènerait des têtes, il sèmerait l’or des coffres éventrés. Les femmes hurleraient, les hommes auraient ces mâchoires de loups, ouvertes pour mordre. Oui ce seraient les mêmes guenilles, le même tonnerre de gros sabots, la même cohue effroyable de peau sale, d’haleine empestée, balayant le vieux monde, sous leur poussée débordante de barbares.

Yes.

On n’est pas bien là?

Allez, la suite.

Les hostilités ensoleillées

En 1888, il quitte Paris et part à Arles, dans le sud de la France.

Une riche idée puisque c’est là-bas qu’il va créer tout ça :

La chambre à Arles, 1888.jpg

La chambre à Arles, 1888

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La Maison Jaune, 1888

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Bateaux de pêche sur la plage, 1888

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Le café de nuit, 1888

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Terrasse de café le soir, 1888

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Tournesols, 1888

La vigne rouge, 1888.png

La vigne rouge, 1888

Vincenzo découvre la lumière de la Provence, qui ferait du bien à tout le monde. Pour avoir vécu un peu à Aix-en-Provence, je vous confirme que c’est quand même pas dégueulasse qu’il fasse jour au moins quelques heures de temps en temps pendant l’hiver.

Anywaaaaaaaaaaay.

Théo – le frère préféré de Vincenzo, celui qui bosse dans l’art – présente quelques tableaux de Vincenzo à la 4e Exposition Annuelle de la Société des Artistes Indépendants.

Les hostilités tout court.

Là-dessus, Paul Gauguin vient le rejoindre dans sa maison jaune histoire que les deux peignent ensemble. Vous connaissez l’histoire, ça ne va pas bien se terminer.

Autoportrait à l'oreille bandée, 1889.png

Autoportrait à l’oreille bandée, 1889

D’ailleurs, le TOP 1 des enchères de cet article représente le médecin qui va soigner Vincenzo à ce moment.
Et donc là, c’est too much, il y a carrément une pétition dans la ville d’Arles, signée par les habitants, dont le but est de virer Vincenzo de la ville car il trouble l’ordre public. Autant vous dire que le gars fait paniquer tout le monde, ça ne va plus du tout. Vincenzo est interné dans la région. Il reste néanmoins très productif au niveau artistique.

Je vous laisse en juger :

Vue d'Arles, 1889.png

Vue d’Arles, 1889

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The Mulberry Tree in Autumn, 1889
Ça veut dire le mûrier en automne mais c’était plus classe en anglais. 

Portrait de l'artiste sans barbe, 1889 C Artnet.jpg

Autoportrait sans barbe, 1889

Envie d’chialer quand je vois sa petite tête trop choue.
Comment ça j’ai arrêté d’être objective ?
Ouais bon.
Continuons.

Paysage avec des oliviers, 1889.png

Paysage avec des oliviers, 1889

Laboureur dans un champ, 1889 C Christie's.png

Laboureur dans un champ, 1889

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Autoportrait totalement classe, 1889

Champ de blé avec cyprès, 1889.png

Champ de blé avec cyprès, 1889

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Iris, 1889

Et le petit préféré de tout le monde (et on comprend pourquoi)… :

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La nuit étoilée, 1889

Vincenzo quitte l’asile en 1890 pour s’installer près de son frère, à côté de Paris.

Mais en fait il suicide en juillet 1890. Au top.

Ou alors il a été tué par deux adolescents débiles qui s’amusaient avec un flingue dans les parages. On n’est pas sûr.

Et pour finaliser cette ambiance de fête, son frère Théo est atteint tellement sévèrement par la syphilis qu’il finit par en mourrir en 1891.

Au niveau diagnostic, on n’est pas sûr de la maladie mentale dont souffrait Vincenzo. Schizophrénie, bipolarité, syphilis, saturnisme, épilepsie… Beaucoup de théories.

Dans tous les cas, Vincenzo n’a jamais eu le moral, mais il n’a jamais emmerdé personne), et ça, c’est important de le souligner.

Alors oui, il a voulu choper sa propre cousine.
Oui, il a saoulé ses parents au point de se faire virer de chez eux.
Certes, son frère lui a filé de l’oseille durant toute sa vie.
Et ouiiiii, ça vaaaaaa, il y a quand même une bourgade entière qui a fait une pétition pour le virer la ville.
Mais bon, franchement, Vincenzo m’inspire quand même une sympathie hors du commun.
Peut-être parce que c’était juste quelqu’un de malade qui avait du mal à s’adapter à la réalité qui l’entoure, le tout dans une souffrance immense dont les seuls exutoires étaient l’alcool, la peinture et l’écriture.

Outre ce jugement hâtif, on peut supposer que le fait qu’il ne mangeait rien, qu’il bossait tout le temps, qu’il ne dormait jamais et qu’il se pintait la tronche à l’absinthe n’a rien arrangé.

Un bon conseil donc : si vous vous sentez fébrile, ne faites pas comme Vincenzo, cuisinez-vous plutôt une purée maison, préparez-vous une tisane de fenouil et allez vous coucher.
Ne me remerciez pas.

Tout ça pour dire qu’on ne sait pas pourquoi Van Gogh peignait ses toiles en spirale, d’une manière déformée. Est-ce que c’est ce qu’il voyait?
On ne sait pas j’vous dis.
N’insistez-pas.

Néanmoins, un fait intéressant concernant ce tableau de Vincenzo :

Maison sous un ciel nocturne, 1890

Dans le titre, il y a le mot ‘nocturne‘, donc c’est censé être la nuit.
Donc pourquoi il y a un fucking soleil dans le ciel ?
Et bien, figurez-vous que ce n’est pas un soleil mais bien la représentation de la réalité : des astronomes ont observé que la nuit du 16 juin 1890, la planète Vénus était très brillante (plus que les autres jours), et que ce tableau en était la représentation.

AH BAH LÀ D’UN COUP VOUS LA RAMENEZ MOINS HEIN?

Pardon, on est samedi, je fatigue, c’est la fin de la semaine.

Maintenant, admirons ensemble un petit florilège des dernières oeuvres de Vincenzo, peintes en 1890 :

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La méridienne, 1890

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Champ de blé aux corbeaux, 1890

L'église d'Auvers-sur-Oise, 1890.png

L’église d’Auvers-sur-Oise, 1890

Route avec un cyprès et une étoile, 1890.png

Route avec un cyprès et une étoile, 1890

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Vase with Daisies and Poppies, 1890

A la porte de l'éternité, 1890.png

A la porte de l’éternité, 1890

Amandiers en fleurs, 1890.png

Amandiers en fleurs, 1890

L’anecdote qui claque

Et, puisqu’il faut toujours un moment où ça arrive, voici l’information qui vous fera briller lors du prochain dîner où vous sentirez que vous avez quelque chose à prouver.

Van Gogh a fait partie d’énormément de courants artistiques, et d’aucun à la fois, du coup.

Je m’explique. On retrouve dans ses oeuvres différentes vagues :

Impressionnisme :

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Le peintre sur la route de Tarascon, 1888

Post-impressionnisme :

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Les Paveurs, 1889

Expressionnisme :

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Oliviers avec les Alpilles à l’arrière-plan, 1889

Fauvisme :

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Le café de nuit, 1888

Symbolisme :

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Portrait d’Eugène Boch, 1888

Donc autant vous dire qu’avec une telle variété de styles, Vincenzo s’en TAPE des courants, il casse les codes, il brise les préjugés (n’importe quoi…) et peint avec son propre style.

Et comme diraient les jurés dans The Voice : j’adore son univers.

C’est tout pour moi.

A dans deux semaines, comme d’habitude !

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