BRAFA & ArtGenève 2019

Comme je vous l’ai rabâché pendant deux semaines sur Instagram, j’ai eu la chance d’aller, en ce soyeux mois de janvier 2019, à la BRAFA et à ArtGenève, deux foires d’art.
Pour vous rafraichir la mémoire sur ce qu’est une foire d’art, vous pouvez aller lire mon article qui s’appelle ‘Les foires d’art’ car je suis quelqu’un d’assez simpliste.

Selon Wiki, la BRAFA c’est : ‘une importante foire d’antiquités et d’objets d’art au choix éclectique se déroulant à Bruxelles et offrant une large variété allant de l’Antiquité jusqu’au 21e siècle.’
C’est tout à fait vrai.

ArtGenève est une foire d’art créée il y a 7 ans, on y voit des oeuvres contemporaines et modernes.

Ça fait plusieurs années que je vais à ces deux foires.

La BRAFA pour le plaisir, parce que ça ne fait jamais de mal d’aller à Bruxelles, même si la météo est, à chaque fois, dégueulasse. Et ArtGenève j’y vais car c’est à 30 minutes de bus de chez moi donc on se bouge et on va voir des trucs.

Pourquoi diantre me rends-je dans des foires d’art ?

Pour plusieurs raisons :

→ Premièrement, on y voit de très belles choses, qu’on ne peut pas voir dans des musées (malheureusement). Il y a un condensé de très belles oeuvres, de toutes les époques, de tous les artistes. Les galeries sont censées présenter ce qu’elles ont de mieux. Toujours agréable donc.

→ Deuxièmement, ça donne une street-cred incomparable. Bon, j’en rajoute peut-être un peu, mais en gros, quand on bosse dans ce milieu, ça fait toujours bien de dire :

‘Ouaiiiis j’ai fait un tour à la BRAFA ce week-end, c’tait pas mal’.

Ça permet aux gens peu à l’aise en société, comme moi, d’avoir un sujet de conversation avec les collègues. Croyez-moi, cet argument n’est pas négligeable.

→ Troisièmement, c’est un alibi en béton pour aller boire des bières à Bruxelles tout en passant pour quelqu’un de sérieux. On ne vas pas se mentir, si tu as des copains que ça intéresse aussi, prends les avec toi, va voir la foire et écume les bars belges en jouant au UNO. Rien de mieux.
Pour plus de crédibilité, place deux-trois punchlines sur le débat ‘L’art est-il une marchandise comme une autre ?’ afin d’assoir ton statut de spécialiste de l’art.

Les côtés pas ouf.

Commençons par le négatif.
Artistiquement parlant, il y a peu de risques pris par les exposants. D’une année à l’autre, on retrouve toujours plus ou moins les mêmes styles, donc peu de surprises.

Ceci étant dit, le but d’une foire est commercial, les places sont hors de prix donc il faut vendre, et quand on est galeriste, on sait ce qui se vend bien et ce qui ne se vend pas.
Pour l’explication, le simple fait d’avoir le nom de sa galerie sur le programme d’une foire amène pas mal de clients avant même ladite foire, ce qui permet en principe de rentabiliser la place avant même d’y être. Le chiffre fait sur place n’est que du bonus. Plutôt cool. C’est un schéma théorique, car évidemment ça ne se passe pas toujours comme ça.
Bon, il faut savoir que les galeries participant aux foires sont des grosses galeries, elles sont sélectionnées par un comité et elles doivent raquer un max, donc ce sont des galeries qui, en principe, n’ont pas de problème de rentabilité. Et DONC, c’est pour ça qu’on leur reproche souvent de ne pas prendre de risques… Ces galeries sont probablement certaines de vendre beaucoup d’oeuvres, donc pourquoi ne pas exposer de nouveaux artistes, des choses décalées et surprenantes? Et bien parce que ce n’est pas une biennale, c’est une foire, donc tu la boucles et tu regardes ce qu’on te dit de regarder. Voilà. Je m’auto-clashe, c’est de pire en pire ce site.

Au niveau des prix pour entrer dans la foire, on tourne autour des 20 euros. Il y a des tarifs étudiants et autres.

On peut demander des invitations aux galeries, et il y a souvent des gens qui vous donnent des places gratuitement devant car ils ont déjà fait le tour auparavant.

Je ne dis pas ça pour encourager la fraude, je dis ça pour que le prix ne soit pas un motif pour ne pas y aller. Et si vous voulez y aller, mettez des baskets, soyez-gentils. On marche 4-5h dans la foire donc ça fatigue.

Autre point négatif, il fait un temps dégueulasse aussi bien à Genève qu’à Bruxelles. C’est fastidieux.

Ah oui, et autre gros point négatif : beaucoup d’oeuvres n’ont rien à faire dans des foires et devraient être soit dans des musées, soit restituées aux pays auxquelles elles appartiennent.

Bon ça, c’est mon avis hein. Mais j’ai toujours du mal à voir des oeuvres très anciennes et de provenance plus que douteuse dans des foires. Je ne pousse pas plus loin cet avis, car il faut être spécialiste mais en gros, pour la faire courte, beaucoup d’oeuvres proviennent de pillages, et ça, c’est pas gentil.
Certes, on retrouve des pièces magnifiques, mais elles n’ont vraiment rien à faire à Bruxelles. Je ne pars pas en polémique sur la restitution des oeuvres aux pays colonisés et les temples pillés, mais bon. Quand même.
Heureusement, notre époque va de plus en plus vers ladite restitution desdites oeuvres. Mais y’a encore du boulot.

Les côtés sympas.

Et doooonc, les points positifs maintenant.

Au niveau logistique, il y a du monde, mais pas trop. On peut voir les oeuvres, prendre des photos comme des relou, enfin surtout comme moi car je vous ai fait une petite sélection pas piquée des hannetons.

Au niveau pragmatisme, il faut quand même admettre que les oeuvres sont de très très très bonne qualité.

Par exemple, la fondation Gandur invitée à ArtGenève cette année, qui envoie du lourd au niveau de l’archéologie, de l’ethnologie, des beaux-arts et des arts décoratifs.

Mais assez parlé, voici la sélection de la maison (enfin ma sélection).

La sélection de la maison.

La BRAFA :

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Maximilien FIOT (1886-1953), Panthère se léchant la patte.
Bronze à patine brune signé, 54cm.
Chez Susse Frères Fondeurs.

Pour rappel, une foire d’art, c’est comme le salon de l’agriculture, mais avec des objets d’art. En disant ça, je me rends compte qu’il y a effectivement peu de points communs entre les deux, à part, et c’est là d’où je veux en venir, les stands. Chaque galerie a quelques mètres carrés de stand qu’elle peut agencer comme elle veut. Et certaines ont vu les choses en grand. Et vas-y que ça pose du parquet, que ça meuble à tout va, que ça fout des pendules et des miroirs en pagaille.

Qu’on aime ou pas, il y a du boulot.
Ici, la galerie parisienne Steinitz.

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Galerie Steinitz.

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Statuette masculine, art égyptien, moyen empire, 11-12e dynastie.
Vers 2055-1773 avt. JC. Bois peint, 43cm.
Chez Phoenix Ancien Art SA.

Voilà le genre de trucs qui devrait être dans un musée selon mon humble avis.

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Disque représentant Scylla.
Art romain, 1e siècle avt JC – 1e siècle après JC.

Argent doré, d. 16,9cm

Chez Phoenix Ancien Art SA.

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Cratère en cloche à figures rouges (peintre de Cadmos)

Art grec (Attique), fin du 5e siècle avt JC, céramique
, H : 35,3cm

Chez Phoenix Ancien Art SA.

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Hydrie (Kalpis)
Art Grec, 3è quart du 5è siècle avt JC (env. 460 avt JC)
Bronze, H: 42,2cm
Chez Phoenix Ancien Art SA.

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Pierre Soulages, Peinture, 1919
Acrylic on canvas, 92x65cm
Galerie Von Vertes.

Il y a beaucoup de Soulages dans les foires, car tout le monde adore Soulages. Tout simplement. Ça se vend bien.

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Petit clin d’oeil à l’article sur Niki de Saint-Phalle
Ici une oeuvre en collaboration avec son compagnon Jean Tinguely : Nana Machine, 1976.
Iron base, electric motor, polyester figure. H : 43,5cm, 150 copies.

Galerie Von Vertes.

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Yayoi Kusama, Acrylic on canvas, 1988.
Chez Omer Tiroche Gallery.

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Zao Wou-KI, 17.02.71-12.05.76, 1971-1976

Oil on canvas.

Chez Omer Tiroche Gallery.

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Cnidaire, Carole Solvay
Plumes, Fils, 75x80x28cm, 2017.
Chez Deletaille, une galerie Bruxelloise.
Petite définition du jour, les cnidaires sont une catégorie d’animaux aquatiques louches, genre les méduses. 

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Henri Matisse (1859-1954), Sans titre, 1942

Encre sur papier, 53x40cm, signé.

Galerie BA, dans le 6è à Paris.

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Henri Matisse, Fleurs, 1945
Aquarelle sur papier, 9,5×22,5cm, signé.

Galerie AB, dans le 9è à Paris.

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Piet Stockmans, Mantel, 2007, porselein-porseleine.
Fonds Private Art Support Foundation, coll.
Fondation Roi Baudoin, en dépôt temporaire chez Durabrik, Drongen.

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Gisela Colon, born in 1966.

Blow-molded acrylic, 2018

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Petit coup de coeur perso.
Alain Clément, 98F 10P, 1998
Oil on canvas, 92x73x3cm
Chez DIE Galerie.

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Dans toutes les foires, il faut un Vasarely.
Victor Vasarely, DYNN, 1982

Acrylique sur toile, 152x152cm
Chez Galerie Hurtenize à Cannes.

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Mon petit chouchou, j’avoue, j’aime beaucoup.
Fred Eerdekens, 1951

Deux oeuvres de 2018. 
C’est du métal suspendu en l’air, avec une forme qui ne veut rien dire, mais quand on projette de la lumière dessus, l’ombre affiche un message. Astucieux. 

Chez Samuel Vanhoegaerden Gallery.

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Christian Dotremont (1922-1979), Inconsolables, 1974

Chinese ink on paper.

Chez Samuel Vanhoegaerden Gallery.

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Minouuuuuuuuuu.
Edouard-Marcel Sandoz, Deux fennecs assis, 1922-1924.

Bronze à patine brun, 25x34x27cm.

Chez Univers du Bronze.

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Hans Hartung (1904-1989), Untitled, 1952

Oil on canvas, 50x64cm.
Chez Opera Gallery.

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Philips Gijsels, A still life with a lobster, fruit, oysters and a stoneware jug,
1649-1663.


Oil on canvas, 63x114cm


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Quelques dessins de Philippe Geluck et son fidèle chat.
Car il ne faut pas oublier que les belges sont très forts niveau bande dessinée.

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Gotlib, toute ma jeunesse, même si ça date de 1952 et que je suis née 40 ans plus tard.
Marcel Gotlib, Gai-Luron, Gag 1259, Planches 1 et 2
Encre de Chine sur papier, 43x36cm chacune, 1952
Chez Huberty Breyne Gallery.

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Jacob van Hulsdonck (1582-1647)
Still Life of a lemon, a cut lemon and pomegranate parts on a table.
Oil on copper, 18x24cm.
Chez Jan Muller Antiques.

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Egyptian Ibis, Late period, c. 663-632 avt JC.

Egypt, Wood, Bronze. 31x22cm.
Chez David Aaron.

ArtGenève :

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Loris Cecchini, Sequential interactions in alfalfa chorus, 2017
Chez Galleria Continua.

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Hans Op de Beeck, Sleeping Girl, 2018
Chez Galleria Continua.

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Mark Dion, Portrait of the collector, 2018-2019
Coq empaillé, livres, bijoux fantaisie et objets sur socle en bois, 172x40x40cm
A la galerie In Situ, dans le 10e à Paris.

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Lui je l’adore. Même si, une fois de plus, rien à faire dans une foire.
Félin, Xochipala-Guerrero, Mexique, 900-600 avt JC.
Péridotite en cours de serpentinisation, 50x17x43cm.
A la galerie Mermoz dans le 8e à Paris.

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Je Yeoran, Usquam Nusquam, 2018

Oil on canvas, 116x91cm
Chez 313 Art Project.

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Virginia Leonard, 2018
Clay, Lustre and Resin


Chez Taste Contemporary à Genève.

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Anne-Marie Laureys, Dappled Cloud, 2018

Belgian Clay.

Chez Taste Contemporary à Genève.

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Pernille Braun, Untitled, 2018
Glass, Wood and Copper
Chez Taste Contemporary à Genève.

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Joana Vasconcelos, 2016-2017

Chez Gowen Contemporary à Genève.

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Nejat Sati, Structure 18 et Structure 54, 2013

Acrylic on canvas, 100x70cm
Chez Pi Artworks London.

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Mustafa Hulusi, Cyprus Realism, Grape 2, 2019
Oil on canvas, 64x64cm
Chez Pi Artworks London

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Stéphane Dafflon, AST299, 2017
Acrylique sur toile, 150x120cm
Chez Xippas, à Genève.

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Francesca Pasquali, Mixed media, 2014
Chez TornabuoniArt

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Lucio Fontana, Concetto Spaziale, Attese, 1960

Chez De Jonckheere.

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Et pour conclure, un Magritte, artiste dont nous avons parlé ici.
René Magritte, La traversée difficile, Huile sur toile, 38x46cm, ca. 1966

A la galerie 1900-2000.

On y retourne ou pas ?

Donc, c’est bien ou c’est pas bien?

C’est bien. Mais je ne retournerai pas tout de suite à la BRAFA. J’ai vu beaucoup de ressemblances entre 2018 et 2019, donc je crois qu’on a compris. Il y a du Vasarely, du Soulages, du Picasso et des pots avec Hercule dessus -vulgarisation extrême-.

ArtBasel est plus surprenante, beaucoup plus contemporaine, et a un sous-sol Unlimited avec des oeuvres monumentales et l’esprit Suisse – Allemand est un peu plus subversif donc plus intéressant. Attention quand même, ces foires ont des identités différentes, la BRAFA correspond à qu’elle annonce, c’est-à-dire une foire classique tandis qu’ArtBasel est beaucoup plus contemporaine.

Quant à ArtGenève, j’habite à Genève, donc évidemment je vais y retourner.

Petite précision de fin, j’ai pris toutes les photos avec mon téléphone, qui est un Sony Xperia vieux comme le monde mais qui se défend au niveau photo. Je suis ravie d’être passée pour la pire des touristes.
Bisous.


Le coup de coeur de la semaine.

Le coup de coeur de la semaine témoigne du fait que j’ai tellement pris le melon que je ne passe plus les portes.

Il s’agit du portrait culture n°13 du blog 24h01, dans lequel Julie m’a posé quelques questions sympathiques sur l’art et tout ce qui s’en suit.

Merci à elle, j’ai pris beaucoup de plaisir à me prendre la tête sur ses questions !

Voici le lien dudit portrait-culture.

En plus de ce blog sur la culture de manière générale, Julie a aussi un site sur le patrimoine, qui s’appelle Madame Patrimoine, et qui est super pour tous les loveuuuuuurz de belles bâtisses et de promenades.
Sur ce, à bientôt.

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