Edvard Munch

La fiche ‘Pas que ça à foutre’

Self-portrait with Cigarette, 1895
Huile sur toile, 110x85cm

Edvard Munch
Né en 1863 à Ådalsbruk, en Norvège
Décédé à Olso, en Norvège aussi, à 80 ans en 1944
Peintre, graveur, photographe…
Courant symboliste et expressionniste

Le point enchères

TOP 1

Le cri, 1893
Pastel sur carton, 79x59cm
Vendu pour 80 millions d’euros chez Sotheby’s en mai 2012

TOP 2

Girls on the bridge, 1899
Huile sur toile, 101x102cm
Vendu pour pour 44 millions de dollars chez Sotheby’s NY en novembre 2016

TOP 3

Vampire, 1894
(Fait partie de la Frise de la vie)
Huile sur toile, 100x110cm
Vendu pour 26 millions d’euros chez Sotheby’s NY en novembre 2008

Le point symbolisme

Niveau style, Muncky passe par du symbolisme, un courant dont on parlera ultérieurement, mais on ne va pas s’enflammer, il penche aussi vers l’expressionnisme, et a surtout son propre style.

Pour la petite histoire, voici la définition que j’ai trouvé sur le site symbolisme.net , un site qui devrait pouvoir nous éclairer sur la notion :

‘Le symbolisme est un mouvement artistique d’origine française de la fin du 19ème siècle.
Les oeuvres symbolistes s’inspirent de la spiritualité, de l’imagination et des rêves.’

Et donc Munch est symboliste car il utilise des SYMBOLES pour représenter ses sentiments, et aussi des couleurs SYMBOLIQUES. VOILÀ.

Le point expressionnisme

L’expressionnisme est un courant artistique du début du 20ème siècle, qui a oeuvré en Europe, mais surtout en Allemagne jusqu’au moment où les nazis ont considéré ce mouvement comme ‘dégénéré‘. Je ne commenterais cette phrase qu’en haussant longuement les sourcils.

Le but est de l’expressionnisme est de montrer la réalité + les émotions que celle-ci déclenche. C’est donc souvent assez angoissant, car, Mesdames et Messieurs, la réalité, c’est pas joli joli. Ce courant est une réaction à l’impressionnisme, un mouvement pendant lequel on comptait les papillons dans le jardin, en mangeant des fraises et en lisant des poèmes avec un brin de muguet dans la bouche. L’expressionnisme, c’est dur, c’est trash, et ça ne va pas fort, car la société, la vie, la mort, c’est pas gentil. Et y’a pas de muguet qui tienne. On enchaîne.

La bio

Muncky naît en Norvège. Son père est médecin militaire, donc la famille déménage tout le temps, et la boucle bien comme il faut. La mère de Muncky est jeune et certainement très sympathique, mais elle a la tuberculose. Elle décède alors que Muncky a 5 ans, laissant derrière elle un mari un peu à côté de la plaque et cinq gamins en bas âge. Du coup, c’est de manière totalement naturelle que la propre soeur de la mère – donc la tante – reprend le rôle de la mère. La tante et feu – la mère ont un tempérament assez artistique et permettent aux gosses de faire mumuse avec des bouts de bois et du papier, et à la fin, ça donne des artistes.

Muncky a une santé toute claquée, et un penchant pour le dessin, une enfance pas ouf, vous connaissez la musique : à 16 ans, il décide de devenir peintre. Son père lui dit de rester bien tranquille et de faire une école d’ingé. Il tient deux ans, puis reprend sa vie en main. Il intègre un groupe d’étudiants en art, suit des cours, côtoie des peintres importants, et assez rapidement, on se rend compte que Muncky a les moyens d’envoyer du lourd. Il obtient une bourse d’étude et est admis à l’école royale de design à 22 ans.

L’enfant malade, 1885-1886
Huile sur toile, 120x120cm

Inger à la plage, 1889 (Inger c’est une de ses soeurs).
Huile sur toile, 126x161cm

Cette toile a été peinte à Åsgårdstrand, un bled au bord de l’eau en Norvège.

En 1889, Muncky est exposé à Christiana, c’est-à-dire Oslo, la capitale de la Norvège. Christiana c’était le nom d’Oslo de 1624 à 1924. Il obtient des encouragements, de l’oseille, bref, ça marche bien pour lui. Il part à Paris et cela le libère au niveau artistique. Il sera l’élève de Léon Bonnat (1833-1922), un peintre, graveur et collectionneur français.

Il apprend la mort de son père dans un journal, alors qu’il séjourne à Paris.

Bonne ambiance.

Nuit à Saint-Cloud, 1890
Huile sur toile, 64x54cm

La danse de la vie, 1900
Huile sur toile, 125x191cm

AH ! Enfin un titre joyeux, même si la gonzesse à droite ne semble pas ravie ravie.

En 1892, après avoir séjourné en France, Muncky est invité par l’Union artistique berlinoise, mais ça tourne mal, ses oeuvres sont vues comme des provocations anarchistes et l’exposition prend fin très rapidement.

Ce scandale a au moins le mérite de faire connaître Muncky, qui décide de rester à Berlin. Il est réexposé en 1893 :

La tempête, 1893
Huile sur toile, 91x131cm

Nuit étoilée, 1893
Huile sur toile, 135x140cm

On va s’arrêter cinq minutes dans cette bio pour faire un point cri.

Le point Cri

Le cri, 1893
Huile sur toile, 91x73cm

Le Cri est le plus célèbre tableau de Muncky. Il en existe 5 versions (3 peintures, une litho, un pastel), réalisées en 1893 et 1917.

Lesdites cinq versions.

La plus connue des ces toiles se trouve au musée Munch d’Olso, une autre a été vendue aux enchères en mai 2012 pour 119 millions de dollars.

Le Cri fait partie de la Frise de la vie : c’est une série inachevée de tableaux de Munch dans les années 1890. Selon Muncky, c’est une ‘série cohérente de tableaux, qui doivent donner un aperçu de la vie‘, bien qu’ils soient appréciables indépendamment les uns des autres. Parmi eux, se trouve la Madone que l’on va voir plus tard, et qui a été volée avec ledit Cri en 2004 au musée Munch d’Oslo lors d’une attaque armée. Les tableaux ont été retrouvé dans un état correct en 2006 par la police norvégienne. Ce larcin avait été commis par trois gais lurons qui se sont pris des années de taule dans la tronche suite au méfait, sauf un, qui avait fait une overdose l’année précédant le jugement.

Dix ans auparavant, le Cri avait déjà été dérobé, une rançon avait été demandée, le gouvernement avait dit :

Non

Puis la police norvégienne avait retrouvé le tableau quatre mois plus tard.

Clairement, ce tableau représente une giga crise d’angoisse.

Ça vous rappelle peut-être la Nuit étoilée de Van Gogh, qui suscite un peu la même anxiété.

La personne qui crie ressemble fortement à une momie du peuple péruvien Chachapoya que Muncky aurait découvert lors de l’Exposition Universelle à Paris en 1889.

Ladite momie.

Le paysage derrière représente le fjord d’Olso.

Muncky a décrit ce qui lui est passé par la tête dans son journal, à propos de ce tableau :

‘Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d’un coup le ciel devint rouge sang. Je m’arrêtais, fatigué, et m’appuyais sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j’y restais, tremblant d’anxiété — je sentais un cri infini qui passait à travers l’univers et qui déchirait la nature’.

Mouais.

Il y avait du sang et des langues de feu au-dessus des fjords, mais aussi beaucoup de drogue si je ne m’abuse.

Ceci étant dit, selon un ou deux astrophysiciens, paraît-il que le volcan Krakatoa était entré en éruption 10 ans plus tôt, et avait dégagé un maximum de cendres, ce qui a créé des couchers de soleil aux tons rouges flamboyants.

Tu m’en diras tant.

Le peintre William Ashcroft a aussi peint ce type de coucher de soleil du fait dudit volcan.

William Ashcroft, Dessin, 1883

Sauf que moi je suis pas con, hein. Faut pas non plus me prendre pour un jambon. J’ai cherché sur Google Maps, et il se trouve que le volcan c’est le pointeur rouge en bas à droite de l’image ci-dessous, et le fjord c’est le point rouge en haut à gauche (et le point vert ça doit être un restau italien où j’ai envie d’aller mais ça n’a aucun rapport donc arrêtez de changer de sujet svp).

A vue de nez, les cendres auraient traversé le globe. Bien joué.

Au passage, voici la tronche du volcan sur Google Earth, qui se trouve être une de mes passions dans la vie. Google Earth, pas les volcans.

Aaaaaaaaaaaaaanyway.

Le personnage du tableau a été pas mal repris.

Voici un florilège :

Les films Scream.

Une des statues présentes dans le cimetière dans le film l’Etrange Noël de Monsieur Jack
(et le cheval qui est en face est inspiré du tableau Guernica de Picasso, dont on a déjà parlé, donc allez lire l’article, bande de feignasses).

Reprise de la bio

Tout ça pour dire que niveau moral, Muncky n’est pas au top. La mort est un sujet prédominant dans ses oeuvres. En même temps, on le comprend, c’est difficile de passer à côté du concept. Et c’est aussi difficile de ne pas être déprimé par le fait que nous allons tous crever. Je m’égare.

Il est un peu tatillon niveau bonne humeur entre autres car sa mère et sa soeur sont mortes de la tuberculose, et que lui-même, au niveau santé, n’est pas vaillant, et par dessus tout ça, il est juste totalement dépressif. La mort de sa soeur explique que le thème de l’enfant malade soit omniprésent dans l’oeuvre de Muncky.

La mort dans la chambre de la malade, 1893
Huile sur toile, 134x160cm
Ça parle de la mort de sa soeur.

Encore une oeuvre remplie de joie et de confiance en l’avenir :

Anxiété, 1894
Huile sur toile, 94x74cm

Bon, en même temps le titre de l’oeuvre est ‘Anxiété‘, donc Muncky a au moins le mérite de ne pas mentir sur la marchandise.

La Madone, 1894-1895
Huile sur toile, 205x105cm
(Fait partie de la Frise de la vie)

Claire de lune, 1895
Huile sur toile, 93x110cm

(Fait partie de la Frise de la vie)

Là-dessus, Muncky se tire à Paris, il y fait des lithographies et des eaux-fortes. On a expliqué ce qu’était une litho ici et on va expliquer ce qu’est une eau-forte maintenant, grâce à notre ami Larousse qui fait un retour fracassant sur ce site après quelques semaines d’absence :

Eau-forte : ‘Estampe que l’on obtient au moyen d’une planche mordue par de l’acide nitrique mélangé à de l’eau’.

En gros, avec une pointe trempée dans ledit acide, on grave du métal ou autre chose.

Blablabla, il voyage etc.

La vigne vierge rouge, 1898-1900
Huile sur toile, 119x121cm

Les filles sur le pont, 1901
Huile sur toile, 136x125cm

Toujours à Åsgårdstand.

Au début des années 1900, Muncky s’achète un appareil photo (et oui, le temps file), ce qui l’occupe pas mal.

Je vous passe les détails sur sa vie sentimentale, on n’est pas chez Closer. Mais sachez qu’en gros, c’est pas folichon. Il se prend un plomb dans la main à force de faire n’importe quoi, il repart d’une histoire foireuse avec une phalange en moins.

Comme quoi.

Il picole pas mal, et dépense un max de tunes dans des jeux d’argent… Bref, niveau vie perso, c’est pas la joie si vous me permettez l’expression.

Il fait beaucoup de portraits.

Les quatre fils du Docteur Max Linde, 1904
Huile sur toile, 144x126cm

La mort de Marat, 1907
Huile sur toile, 150x199cm

Ce tableau fait référence à ‘La mort de Marat‘ de Jacques-Louis David en 1793, toile sur laquelle on reviendra dans quelques temps, n’ayez crainte.

Jacques-Louis David, La mort de Marat, 1793
Huile sur toile, 165x128cm

Friedrich Nietzsche, 1906
Huile sur toile, 201x160cm

Homme et femme, 1913-1915
Huile sur toile, 89x115cm

En 1916, il revient dans sa région natale.

Il prend toujours pas mal de drogue, qu’il ajoute à beaucoup d’alcool et un sommeil ne pouvant pas être qualifié de profond et réparateur. Muncky est en bad. Il fait une dépression et il est victime d’hallucinations. Il est interné dans une clinique privée, il va un peu mieux, sa chambre est un véritable atelier, il écrit beaucoup.

Ses oeuvres continuent de se vendre, il connaît un véritable succès, il est blindé et s’achète des baraques à foison.

Néanmoins, il a des problèmes de vue, pas pratique pour un peintre. Par dessus tout ça, les nazis retirent ses tableaux des musées allemands car c’est de l’art dégénéré tout ça tout ça. Ça fout un coup au moral ces conneries.

A 80 ans, en 1944, il décède d’une pneumonie. Quelques années auparavant, il avait fait don de la quasi intégralité de sa collection personnelle et de ses biens immobiliers à la ville d’Oslo, ça fait toujours plaisir.

La ville créera le musée Munch en 1963.

LES NEWS :

Pour se tenir un peu au courant de ce qui se passe, vous pouvez recevoir une fois par mois les derniers articles d’Art Vulgaris : 
(là il faut entrer votre email sinon ça ne marche pas)

 

Ou suivre Art Vulgaris sur les réseaux sociaux : 
(ou les deux soyez pas lourds)

Insta : Vous retrouverez quotidiennement des oeuvres des artistes abordés sur le site et de la culture G à foison pour se la péter à l’apéro, je partage des visites de musées, de foires d’art, des résumés de conférences et tout le tintouin. Et des photos de bébés animaux en story car la vie est suffisamment compliquée comme ça.

Facebook et Twitter : Pour ceux qui n’ont pas insta et qui veulent quand même suivre l’actu dudit site (grosso modo le même contenu que sur insta).