JMW Turner

La fiche ‘Pas que ça à foutre’

Turner, Autoportrait, 1791-1793
Turner, Autoportrait, c. 1799

Joseph Mallord William Turner, ou William Turner, ou JMW Turner
Son surnom c’est le ‘peintre de la lumière‘, vous allez voir pourquoi, je ne vais pas en faire tout un foin pendant l’article car je ne vous prends pas pour des jambons, vous allez bien voir qu’il est fort en éclairage.
Né en 1775 à Londres et décédé à 76 ans à Londres, en 1851
Nationalité anglaise
Peintre, aquarelliste et graveur
Mouvement romantique, mais précurseur de l’impressionnisme
Turny aime les chats et boire des coups, ça nous fait déjà deux points communs. Bon après, il pousse un peu car il a utilisé du jus de tabac et de la vieille binouze pour donner des effets de matière à ses toiles, du coup, on est obligé de les restaurer de temps en temps…
Mais bref, c’est parti pour l’étude de la bio de quelqu’un qui a l’air sympa.

Le point enchères

Top 1

Turner, Rome from mount Aventine, 1836
Huile sur toile, 92x125cm
34 millions d’euros chez Sotheby’s Londres en 2014

Top 2

Turner, Modern Rome – Campo Vaccino, 1839
Huile sur toile, 90x122cm
31 millions d’euros chez Sotheby’s UK en 2010

Top 3

Turner, Giudecca, La Donna della Salute and San Giorgio, c. 1841?
Huile sur toile, 61x91cm
26 millions d’euros chez Christie’s New-York en 2006

La bio

Turny est un londonien, né dans le quartier de Covent Garden en 1775.

Ledit quartier de Covent Garden

Son père est barbier-perruquier et sa mère vient d’une famille de bouchers, elle est au bout du rouleau et passera pas mal de temps en hôpital psychiatrique. Elle pète un câble – entre autres – car la petite soeur de Turny est décédée à 5 ans. 

Bon alors vous savez comment on crée un artiste maintenant : il faut une famille assez ouverte d’esprit mais problématique, un corps de victime (choisissez la maladie qui vous convient le mieux) et de longues heures à s’emmerder dans un lit d’hôpital avec des pinceaux qu’on vous a offert (car votre famille est assez ouverte d’esprit mais problématique). Voilà. Donc là, avec Turny, on est dans ce cas de figure. Avec, en plus, la soeur décédée et la mère à bout de nerfs, on présuppose que Turny ne va pas très bien non plus; il est envoyé chez son oncle à Brentford, on peut potentiellement penser qu’il se fait chier, et donc là : artiste. Voilà. 

Brentford
J’ai sélectionné pour vous une image de Brentford, en m’y promenant sur Googles Maps, et comme vous pouvez le voir, tout le monde s’emmerde à Brentford, donc il faut peindre pour passer le temps.

Du coup, il apprend à peindre et à dessiner. Puis il déménage à Margate. 

Margate

Il a 11 ans, et il fait des trucs comme ça : 

Turner, Drawing of St John’s Church, Margate, c. 1786

Blablabla déménagements, sans intérêt. On ne va pas se taper les cartons et l’installation de la Freebox, mais en gros, ce qu’il faut retenir, c’est qu’à 14 ans, il devient dessinateur pour un architecte. Il prend des cours de perspective et de topographie avec Thomas Malton le Jeune. 

La topographie c’est : 

Une technique de représentation sur un plan des formes du terrain, avec les détails des éléments naturels ou artificiels qu’il porte.

Et Thomas Malton le Jeune (1748-1804) est un peintre anglais qui donne des cours de topographie et de gravure : 

Thomas Malton le Jeune, King’s Parade, Cambridge, 1798

Donc avec tout ça, Turny entre à 14 ans à la Royal Academy of Arts, une institution britannique créée en 1768 pour promouvoir les arts visuels grâce à des cours, des expositions et des débats. Elle organise deux expos par an : les maîtres anciens en hiver et les artistes vivants en été, avec bien entendu, une collection permanente assez solide. C’est toujours le cas aujourd’hui.

Ladite Royal Academy of Arts

Turny va même exposer ses premiers travaux lors de l’exposition d’été. On rappelle qu’il n’a que 15 ans à l’époque et que ça ne fait qu’un an qu’il est entré à l’Académie.

Turner, Le palais de l’archevêque à Lambeth, 1790
Aquarelle, 26x37cm
Turner, St. Augustine’s Gate, Canterbury, 1792-1793

Ça bosse, ça bosse, et puis ça développe sa technique. Il dessine des trucs en plein air l’été, et les peaufine l’hiver, il fait un max de dessins préparatoires, bref, ça bosse. Auparavant, il faisait beaucoup d’aquarelles, mais là, il commence à maîtriser la peinture à l’huile, cf ci-dessous :

Turner, Pêcheurs en mer, 1796

En 1798, Turny veut intégrer la Royal Academy en tant que membre, et plus en tant qu’élève. On rappelle qu’il a 23 ans à l’époque, donc sa jeunesse va lui poser problème, bien que sa street cred’ soit déjà démontrée dans le milieu artistique. En 1799, il est élu membre associé. Ce statut va lui permettre de mettre en avant la peinture de paysage, un style peu prestigieux à l’époque.

A partir de 1800, Turny rencontre un certain succès. Il expose toujours ses oeuvres à la Royal Academy of Art. Il reçoit beaucoup de commandes.

Turner, La cinquième plaie d’Egypte, 1800
Huile sur toile, 121x182cm

Exposée en 1800 à la Royal Academy

En 1802, Turner devient académicien royal, donc autant vous dire que ça ne rigole plus. On lui paye des voyages pour qu’il s’inspire et peigne de nouvelles toiles, il va dans des musées, il observe la nature… 
Il donne toujours des cours et des conférences à la Royal Academy.
Il fait pas mal de marines.

Le point bateau

Une marine c’est, selon le Larousse :

Le nom donné aux peintures ayant la mer pour sujet et, par extension, le genre que constituent ces peintures. 

Allez, je sens que vous avez VRAIMENT envie de voir quelques marines, par divers artistes, histoire d’appuyer un peu la définition.

Fort bien, c’est parti.

Peter Brueghel, Bataille navale dans le golfe de Naples, c. 1558
Hendrick Cornelisz Vroom, Navires néerlandais battant les galères espagnoles au large de la côté flamande en octobre 1602, 1617
Rembrandt, La tempête sur la mer de Galilée, 1633
Salomon van Ruysdael, Vue de Deventer depuis le Nord-Ouest, 1657
Claude Joseph Vernet, Le naufrage, 1772
Ivan Aïvazovsky, La neuvième vague, 1850
Edward Wadsworth, La peinture dazzle en cale sèche à Liverpool, 1919

Et donc concernant Turner, les marines ça donne ça : 

Turner, The victory returning from Trafalgar, 1806
Turner, Le naufrage du Minotaure, 1810
Turner, La bataille de Trafalgar, 1822-1825
Turner, Fishing boats with hucksters bargaining for fish, 1837-1838
La traduction en gros, selon moi, ça donnerait : Bateaux de pêche avec des rats crevés qui essayent de négocier le prix des poissons.
Après il faut savoir que mon anglais n’est pas impec impec.
Huile sur toile, 174x224cm
Turner, Le dernier voyage de Téméraire, 1838
C’est un vieux bateau (beau) qui se fait ramener au port par un jeune bateau (moche).
Huile sur toile, 91x122cm
Turner, Le négrier, 1840
Huile sur toile, 90x122cm

Le nom complet de ce tableau est ‘Négrier jetant par-dessus bord les morts et les mourants – un typhon approche‘. Toute une ambiance. Yes.

Il représente un épisode historique : en 1791, un navire négrier avait jeté par dessus bord 133 esclaves pour pouvoir récupérer l’argent de l’assurance en cas de pertes en mer. True story. Les gens partaient vraiment complètement en couille à l’époque…

Je précise que Turner était contre l’esclavage et faisait partie du mouvement abolitionniste, il avait montré cette toile au Prince Albert dans l’espoir de le sensibiliser à cette cause.

Bon voilà, on va passer à autre chose parce que les bateaux sur la flotte, ça va bien 5 minutes.

Après l’eau, on va faire le feu.

Turner, L’incendie de la Chambre des Lords et des Communes, 1834-1835

Alooooooors, ce tableau représente l’incendie du parlement de Londres, dans la nuit du 6 octobre 1834. Turner va carrément prendre un bateau pour aller voir l’incendie de plus près.

Voilà voilà. Il fait toujours des marines, toujours des trucs sur des bateaux, comme on l’a vu avec le Négrier et le Dernier voyage du Téméraire. 

Pour changer un peu, il fait des trains. 

Turner, Pluie, vapeur et vitesse, 1844

Et puis sinon en 1945, il devient président de la Royal Academy, mais c’est trop de responsabilités et il n’est pas tout jeune donc un an plus tard il va se foutre au vert avec sa femme à Chelsea (un quartier de Londres). Il se fera appeler Mr. Booth car sa meuf s’appelle Sophia Caroline Booth. Puis il meurt, comme tous les gens qui arrêtent de bosser et qui ne sont pas habitués. P’t’être un peu réducteur ce que je raconte. 
Il est enterré à la Saint Paul’s Cathedral à Londres si vous voulez aller mettre un cierge.

Donc voili voilou. Si je devais résumer – personne ne me le demande mais bon ici je suis chez moi – je dirais que Turner, c’est un pur londonien, un gars assez solitaire, plutôt déterminé, puisqu’il entre à la Royal Academy of Arts et en finit président, il aime bien les paysages, les bateaux, l’architecture et la lumière.

LES NEWS :

Pour se tenir un peu au courant de ce qui se passe, vous pouvez recevoir une fois par mois les derniers articles d’Art Vulgaris : 
(là il faut entrer votre email sinon ça ne marche pas)

 

Ou suivre Art Vulgaris sur les réseaux sociaux : 
(ou les deux soyez pas lourds)

Insta : Vous retrouverez quotidiennement des oeuvres des artistes abordés sur le site et de la culture G à foison pour se la péter à l’apéro, je partage des visites de musées, de foires d’art, des résumés de conférences et tout le tintouin. Et des photos de bébés animaux en story car la vie est suffisamment compliquée comme ça.

Facebook et Twitter : Pour ceux qui n’ont pas insta et qui veulent quand même suivre l’actu dudit site (grosso modo le même contenu que sur insta).