Salvador Dalí

La fiche ‘Pas que ça à foutre’

Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech et un animal mal en point.
Raymond Domenech, à ne pas confondre avec l’artiste précédent.

Salvador Dalí AKA Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech
Comme Raymond Domenech, l’entraîneur de foot, mais on essayera de ne pas les confondre pendant l’article qui va suivre. 
Né en 1904 à Figueras en Espagne, décédé à 84 ans, en 1989, toujours à Figueras.
Peintre, graveur, sculpteur blablabla espagnol, mouvement surréaliste.

Le point enchères

TOP 1

Portrait de Paul Eluard, 1929
Huile sur carton, 33x25cm
14 millions € chez Sotheby’s London en février 2011

TOP 2

Printemps nécrophilique, 1936
Huile sur toile, 55x65cm
10 millions € chez Sotheby’s à New York en mai 2012

TOP 3

Moment de transition, 1934
Huile sur toile, 54x65cm
5 millions € chez Christie’s à New York en mai 2014

La bio

Salva naît en 1904 à Figueras en Espagne.

Au moment de sa naissance, l’ambiance est un peu spéciale car son frère de 5 ans décède 9 mois avant sa naissance. Le frère s’appelait Salvador, et les parents diront à Salvador Dalí (2ème édition) qu’il est une copie de son frère et qu’en gros, il est sa réincarnation. Yes. Déjà ça commence bien. 
Apparemment, ça va motiver notre Salvador à tout donner et à se sortir les doigts pour impressionner les parents puisqu’à 10 ans, Salva fait des trucs comme ça : 

© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2011

Tout ça pour dire : fracassez vos enfants avec des comparaisons malsaines, ça va faire d’eux des génies.

Pour d’autres conseils pédagogiques, n’hésitez pas à me contacter.

En 1916, à 12 ans, il découvre la peinture contemporaine. Il prend des cours de gravure et son père organise une expo de ses premiers dessins dans leur maison. A 15 ans, ses toiles sont exposées au théâtre de Figueras. Ses tableaux sont inspirés par l’impressionnisme, il reproduit les paysages de Cadaqués, une ville de Catalogne.

© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004
Port d’Alguer, Cadaqués, c.1918
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004

© Salvador Dalí Museum Inc., St. Petersburg, FL, 2004
Moonlit Night, c. 1918
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004

En 1918, à la fin de la guerre, il rejoint un groupe d’anarchistes, puis 3 ans plus tard, il fonde un groupe socialiste. Il a 21 ans. La même année, sa mère décède, il ne s’en remettra jamais vraiment. D’autant plus que son père se fout avec la soeur de sa mère après son décès… Tout cela n’ayant aucun sens, je me permets d’enchaîner sur autre chose.

Autoportrait, 1921
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004 USA: © Salvador Dalí Museum Inc., St. Petersburg, FL, 2004
Maternité, 1921
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004
Scène nocturne à Figueres, 1921
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004
La fête à l’ermitage, 1921
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004

En 1922, Salva a 18 ans, et il entre à l’Académie royale des Beaux-Arts à Madrid. Il est talentueux mais ce n’est pas non plus une star, donc on va tout de suite se calmer. Salva entend parler du dadaïsme.

Le dadaïsme, les petits amis, on en a parlé avec Magritte. Donc vous prenez vos petits doigts, vous cliquez sur Magritte, puis vous tapez cmd+f et vous cherchez ‘dada’ et vous aurez la définition. Y’a un moment, moi je peux pas tout répéter. 

Bon allez, comme je suis sympa, sachez que le dadaïsme selon le Larousse c’est :

‘La confusion, la démoralisation, le doute absolu et dégage des vertus telles que la spontanéité, la bonté, la joie de vivre’.

Allez bon app’.

Pendant ses études, il est très copain avec Federico García Lorca, un artiste (poète, peintre, pianiste…), qui se fait buter par les milices franquistes à 38 ans. Y’avait une ambiance un peu trop sympa, vous m’excusez mais il fallait bien que ça retombe.

Salvador et Lorca, en 1925
Ils sont très copains, voire plus, j’en sais rien, chacun fait ce qu’il veut.
Vous reprendrez bien un peu de crack ?
Portrait de Salvador par Lorca, en 1927

En 1925, Salva fait sa première exposition personnelle à Barcelone. 

Portrait de mon père, 1925
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004 Foto © Servei Fotogràfic Museu Nacional d’Art de Catalunya (Calveras, Mérida, Sagristà)
Jeune fille à la fenêtre, 1925
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004
La corbeille de pain, 1926
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004 USA: © Salvador Dalí Museum Inc., St. Petersburg, FL, 2004

Bon. C’est bien beau d’être exposé à tout va, mais Salva va quand même se faire virer des Beaux-Arts la même année car juste avant les examens de fin d’année, il aurait balancé à tout le monde que personne n’était en mesure de le noter. Prenez-en de la graine : ce n’est pas parce que vous êtes talentueux que vous pouvez la ramener intempestivement. 

Là-dessus, Salva part à Paris. Il rend visite à Pablo Picasso, qui a 23 ans de plus que lui. Ils resteront en contact, et seront une source d’inspiration l’un pour l’autre.

Salva dira à son sujet : 

‘Picasso est espagnol, moi aussi. Picasso est un génie, moi aussi. Picasso est communiste, moi non plus.’

Gniagniagnia… Voilà, bah, typiquement, ce genre de petite phrase ça m’énerve. Qu’est-ce que t’as besoin de la ramener comme ça ?

Bref, je m’égare complètement, continuons. 

A partir de 1927, on reconnaît le style de Salvador. Il a 23 ans.

Le miel est plus doux que le sang, 1927
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004
Appareil et main, 1927
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004 Photo © Hans Kaczmarek Sept. 90 USA: © Salvador Dalí Museum Inc., St. Petersburg, FL, 2004

En 1928, Salva rencontre Gala, sa meuf.

Gala (1894-1982) est une mannequin et artiste d’origine russe. Auparavant mariée à Paul Eluard (poète) et en parallèle amante de Max Ernst (peintre), les deux époux rencontrent Salva en 1929. Résultat des courses, Gala va jeter les deux autres et se marier avec Salva en 1932. Petite pensée pour Paul Eluard, Polo si tu nous lis, never give up.

Bon, je vois bien que vous êtes inquiets, sachez que Polo s’est remarié 2 ans plus tard. Donc tout va bien. 

Salva et Gala forment un duo sympathique, elle pose pour lui, fait fructifier son business, et lui, il a un modèle gratos et une meuf super. Win-win. 

Le couple en 1934.
Portrait de Gala avec homard, 1933
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2007

En 1929, Joan Miró présente Salva au groupe des surréalistes. Vous avez toute la compo du groupe ici.

Salva va inventer la méthode paranoïaque-critique. 

Ça vaaaaaaaaa, on rigooooooole.

Il s’agit selon Salva d’une :

‘méthode spontanée de connaissance irrationnelle, basée sur l’objectivation critique et systématique des associations et des interprétations délirantes’.

D’accord.

En gros, si t’es un peu tendu, tu as des images délirantes et obsédantes qui te passent par la tête. Le but c’est d’interpréter et d’exploiter ces idées. 

Si vous voulez une illustration, vous pouvez aller voir le court métrage de Salva, ‘Un chien andalou‘, réalisé en 1929 avec Luis Buñuel. Donc là vous avez au choix : un gars qui coupe l’oeil d’une meuf en deux, des fourmis partout sur les mains, des papillons de nuit qui collent les murs… Bref, des pensées désagréables mises en image. Tout un programme. 
Attention quand même, parce que c’est vraiment dégueulasse. Genre le passage de l’oeil là.. Brrrrrrrrr. Mais bon qu’est ce que je ferais pas pour vous hin. 

Les premiers jours du printemps, 1929
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004 USA: © Salvador Dalí Museum Inc., St. Petersburg, FL, 2004
Les roses ensanglantées, 1930
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2004
La persistance de la mémoire, 1931
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2007 © 2006. Digital image, The Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence
Symbiose de la tête en coquillages, 1931
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2007

Vers 1934, ses relations avec le groupe des surréalistes vont se détériorer car à force de raconter ses rêves, ça devient gênant pour tout le monde. 
Je ne rentre pas dans les détails, mais Salva a gonflé tout le monde avec sa fixette sur Hitler.

C’est gênaaaaaaaaaaaaaaaant comme en témoigne cette conversation sur Whatsapp, entre Salva et André Breton (c’est faux).

L’énigme de Hitler, 1939

En 1934, Salva et Gala partent à New York, tous frais payés par la Picass‘. Salva va beaucoup plaire aux américains, qui n’avaient pas encore entendu parler du surréalisme, il en sera le symbole.

Tête de femme ayant la forme d’une bataille, 1936
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2007

Là-dessus, c’est la guerre civile en Espagne, du coup Dalí et sa meuf partent en Italie. Des monstres apparaissent dans sa peinture. 

Invention de monstres, 1937
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2007

En 1936-37, Salva retourne à New York, Man Ray le prend en photo et ça fera la couverture du Times, donc autant dire qu’il pèse. 

Ladite couverture.

En 1939, l’ambiance en Europe est merdique (cf la guerre mondiale comme qui dirait), du coup, le couple se tire pendant 8 ans à New York. En 1941, Salva aura sa première rétrospective au MoMA. C’est une star, il est bourré d’oseille blablabla… 

Le dieu de la baie de Roses, 1944
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2011

Ses oeuvres vont devenir plus classiques vers 1945. C’est toujours la merde dans le monde, comme on peut le voir avec ces oeuvres inspirées de Hiroshima et Nagasaki, une sale affaire. 

Idylle atomique et uranique mélancolique, 1945
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2011

En 1949, le couple revient en Europe, entre l’Espagne et la France. A cette époque, il devient catho à fond, il rencontre même le Pape Pie XII.

La Madone du port Lligat, 1949
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2011
Croix arithmosophique, 1952
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2017

Sinon pour ceux qui se posaient la question, tout va toujours bien avec Gala.

Gala placida, 1952

En 1965, Salva rencontre Amanda Lear, qui sera sa nouvelle meuf. Et en même temps, il y a toujours Gala qui traine dans les parages, je ne sais pas vraiment ce qu’ils font. 
En 1969, Gala achète un château à côté de Figueras, il deviendra la Fondation Gala-Salvador Dalí.

Pendant ce temps, Salva construit son théâtre-musée à Figueras.

Bon, on va s’arrêter là, Gala décède en 1982, à 87 ans. Salva décède en 1989, à 84 ans.

Voilà. Si vous passez par Monaco, vous avez jusqu’au 8 septembre pour vous délecter de l’exposition Dalí, au Grimaldi Forum. J’y ai été cet été, et c’est vraiment une très belle expo, la scénographie est impec’, la chronologie très bien représentée, et les oeuvres sont magnifiques. Parce que même si, à l’origine, Dalí me gonflait un peu, je dois bien admettre que c’est assez exceptionnel ce qu’il fait. Finalement, je crois que je l’aime bien.

Sans titre, d’après la Cène de Léonard de Vinci, 1972
© Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres, 2017

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