L’Art déco

On avait vu l’Art nouveau, maintenant on va s’attaquer à l’Art déco, car notre croisade vers la culture est inarrêtable. Tout simplement.

Allez, c’est parti.

Kekssé ?
Un brève définition.

 

Le nom ‘Art déco’ vient de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, ayant eu lieu à Paris en 1925. On a choisi ce nom en 1960, auparavant, on appelait ce style ‘Arts appliqués’ ou ‘Style 1925’.

Il s’agit d’un courant artistique et architectural – architecture extérieure et intérieure – . On parle de déco en gros, mais aussi de design, de mode et de typographie.

Pour ceux qui n’ont pas perdu tous leurs neurones pendant l’été, on se souvient que l’Art nouveau, c’était en gros : des fleurs, des gonzesses et des plantes. Avec l’Art déco, on se tourne vers quelque chose de plus classique, plus structuré, plus symétrique. Vous l’avez compris, avec l’Art déco, on arrête les conneries, on fait dans la géométrie, on est sérieux, on se tient droit et on ferme la bouche quand on mange. 

Le but est de toucher une clientèle fortunée qui a envie de nouveauté, mais qui reste assez tranquille niveau excentricité. On se permet de faire du design car les performances techniques ont beaucoup évoluées et ne sont plus au coeur des préoccupations des consommateurs. 

Kankssé & Oukssé ?
Début du mouvement et influences.

 

♦ BELGIQUE – AUTRICHE ET TOUT LE TINTOUIN :

EN GROS, l’Art déco est apparu dans les années 1910, a été au top en 1920 et a décliné à partir de 1930. 

Il apparait juste après l’Art nouveau.

Alors, comme d’habitude, on ne va pas chipoter, l’Art déco a été aperçu un peu avant 1910.

On a par exemple le couturier Paul Poiret qui va s’inspirer des Wiener Werkstätte ou ateliers viennois qui créent depuis 1903 des oeuvres dans le style Art déco.

On a aussi l’architecte Le Corbusier qui s’y attaque, avec l’architecture fonctionnelle et tout ce qui va avec le pâté, mais on y reviendra dans sa bio personnelle si vous le voulez bien. On ne va pas s’éparpiller. Oubliez l’histoire du pâté, ça n’a aucun rapport. 

Parmi les architectes composant les ateliers viennois, on retrouve l’autrichien Josef Hoffman, auquel on doit la construction du Palais Stoclet, dans la région de Bruxelles. Ce Palais une oeuvre d’art totale, c’est-à-dire que l’intérieur et l’extérieur sont à fond dans le style Art déco. L’intérieur a été décoré par Gustav Klimt et Fernand Khnopff, le bâtiment envoie donc ce qu’on peut appeler du lourd, il est inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine mondial de l’Humanité. Voilà voilà.

Ledit palais, vu de l’extérieur.
© Unesco
La coupole, qui, personnellement, me donne envie de me pendre.
© Unesco

Ne partez pas tout de suite, ça va s’améliorer, faites-moi confiance. 

L’intérieur du Palais Stoclet.
© Inspiration Maison

♦ LA FRANCE : 

Pour ceux à qui ça aurait échappé, de 1914 à 1918, il y a eu un petit moment de flottement au niveau mondial, et des villes ont été rasées, ni plus ni moins. On va donc les reconstruire dans le style Art déco. 

Auguste Perret, un architecte français, va devenir connu à cette période. Son style, c’est le béton et la non-ornementation. Je vous laisse juger ci-dessous : 

Le théâtre des Champs-Elysées, à Paris, créé par Auguste Perret, Antoine Bourdelle, Henry Van de Velde,
inauguré en 1913.
Ici, vous avez l’Eglise Notre-Dame au Raincy, créée par Auguste et Gustave Perret,
en Seine-Saint-Denis, en 1922-1923. On est sur du béton armé.

♦ LES ÉTATS-UNIS : 

On remarque aussi l’influence des États-Unis : les architectes veulent construire en hauteur, avec des structures en béton, en métal, et des lignes droites. 

Ci-dessous, vous pouvez admirer le Chrysler Building, à New-York, construit entre 1928 et 1930 par l’architecte William Van Alen. 

Whoaaaaaaaaaah.

Ci-dessous, vous avez le Carbide & Carbon Building, à Chicago, construit en 1929 par Daniel Burnham et son fils Hubert. On est sur du granit, de la terre cuite et de la feuille d’or CAR une des caractéristiques de l’Art déco, c’est de foutre des matériaux précieux dès qu’on a un peu de ronds pour ça. 

Re-Woaaaaaaaaaahaooooo

Comment kssé ?

1-Les caractéristiques de l’Art déco.

 

On retrouve plusieurs caractéristiques permettant d’identifier l’Art déco : 

-le bow-window : des mega-fenêtres qui coupent l’architecture d’une façade; bow veut dire arc, et window, fenêtre, je vous laisse faire le rapprochement. 

© Architecture-art-deco.fr
© Architecture-art-deco.fr

les pans coupés : on évite les angles droits en architecture, on essaye de courber un peu les lignes. On fout des pans coupés, ça veut dire qu’on casse les angles droits. 

© Architecture-art-deco.fr

des ornementations, mais tranquilles : genre moins farfelues que pendant l’Art nouveau, mais quand même un peu de fantaisie. On a de la spirale, de la fleur, de la ferronnerie…

© Architecture-art-deco.fr
Ferronnerie Art déco par Edgar Brandt.
Re-ferronnerie Art déco par Edgar Brandt, oeuvre présentée à ladite exposition des Arts déco à Paris en 1925.
La Piscine, musée d’Art et d’Histoire de Roubaix,
construite entre 1927 et 1932 par Albert Baert.
De la ferronnerie en spirale.
Idem.

-et du hublot. Je m’explique dans le paragraphe suivant.

2-Les paquebots.

 

Là vous allez vous dire, ça y est, elle a craqué, on l’a perdue, elle nous parle de paquebot. La meuf n’a pas pris de vacances cet été, elle le paye, elle pète les plombs. Certes, j’aurais peut-être dû jeter mon portable au fond d’un puits cet été et partir à Mexico pour réinventer ma vie, mais je ne l’ai pas fait, du coup, je vais vous parler des paquebots Art déco. 

Dans les années 1920-1930, Easy Jet n’existe pas, on prend donc le bateau pour voyager. Le paquebot, c’est la classe, il doit être bien décoré, rapide, confortable, car la concurrence entre les compagnies est rude. 

On a par exemple le paquebot Île-de-France, construit en 1927 pour la Compagnie générale transatlantique. Île-de-France c’est le nom du paquebot, et son surnom c’est le Saint-Bernard des mers. Sur ce.

Ledit paquebot.
TIENS ON DIRAIT BIEN DES PANS COUPÉS À L’INTÉRIEUR DU PAQUEBOT !!! VOICI UNE ILLUSTRATION BIEN CHOISIE.

Vous avez aussi le Paquebot Normandie, qui, en plus de porter le nom de la plus belle région du monde, est fort sympathique. Il est aussi une création de la Compagnie générale transatlantique, et voit le jour dans les années 1930. On est sur un équipage de 1345 personnes, donc il s’agit d’un gros bateau : 14 tonnes, 12 ponts, 1971 passagers envisageables. Je peux pas vous dire mieux.

La déco intérieure est confiée aux mêmes architectes que pour l’Île de France : Pierre Patout, Henri Pacon, Richard Bouwens van der Boijen… Pour ceux que ça intéresse, vous avez des images d’archives dans le petit reportage YouTube ci-dessous.

En gros, ce sont des gens blindés d’oseille qui vont aux USA au plus grand des calmes sur un immense bateau. Ils jouent au tennis, bouffent des trucs délicieux, se peignent bien les cheveux et quand ils sont crevés, ils filent au jacuzzi du pont supérieur, car la vie, ce n’est pas facile.

OHLALA MAIS LES FORMES GÉOMÉTRIQUES ET L’UTILISATION DE MATIÈRES PRÉCIEUSES SE RETROUVENT TOTALEMENT DANS L’IMAGE CI-DESSUS !
QUEL EXCELLENT CHOIX D’ILLUSTRATION !

 

3-Florilège d’illustrations :
les objets et le mobilier Art déco.

 

Voici un florilège, par les grands noms de l’époque : 

Service thé-café par Jean Puiforcat, c. 1930.
Si vous adorez le café et que vous avez 14’000 euros à foutre dans une cafetière,

n’hésitez pas.
Vase Art déco par René Lalique.
Fauteuil par Pierre Chareau.
Verrerie par Maurice Marinot, 1923
Vase Daum.
Jean Dunand, Cabinet laqué, 1921
Art Deco box by Jean Dunand and Jean Goulden
Jean Dunand et Jean Goulden, années 1920. Je souhaite obtenir cette boîte.

 

Quid de la peinture Art déco ?

 

Au niveau peinture, on n’a pas vraaaaaaaaaiment de courant Art déco, c’est plutôt un mouvement qui touche le reste de l’art. Néanmoins, comme bien souvent, le thème principal reste : les gonzesses.

Jean Dupas, Affiche XVe Salon des Arts décoratifs.
Tamara de Lempicka, Modelka, 1925
Jean-Gabriel Domergue, Miss Dorothy, 1926
madame t. by kees van dongen
Kees Van Dongen, Madame T., 1929
Andre-edouard-marty
Illustration par André Edouard Marty, pour une robe Paul Poiret.
CAR JE METS AUSSI DES ILLUSTRATIONS COMBO LES GARS.
Amédée Ozenfant, Verres et Bouteilles, c. 1922-1926

Bon bah voilà. On a fait le tour. Bonne journée.

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