Francis Bacon

Francis Bacon
Né en 1909 à Dublin, décédé en 1992 à Madrid
Nationalité britannique
Peintre

LE POINT ENCHÈRES

TOP 1

Bacon, Three studies of Lucian Freud, 1969
Huile sur toile, 198x148cm
94 millions € chez Christie’s New-York en novembre 2013

TOP 2

Bacon, Studies for a portrait of John Edwards, 1984
Huile sur toile, 198x148cm
52 millions € chez Christie’s New-York en 2014

TOP 3

Bacon, Triptych, 1976
Huile et pastel sur toile, 198x147cm
49 millions € chez Sotheby’s New-York en 2008

Je souhaite commencer cet article par une citation d’une passionnée d’art, quand je lui ai dit que je préparais la bio de Francis :

« Mais alors vla les morceaux quoi… On dirait des gros jambons. »

Je vais maintenant citer Francis : 

« Nous sommes des carcasses en puissance. Quand je vais chez le boucher, je trouve toujours surprenant de n’être pas là, à la place de l’animal ».

Et je vais ajouter cette photographie : 

Photographie par Francis Giacobetti (Né en 1939)
Meat Triptych, Francis Bacon, 1992

Voilà. Donc maintenant qu’on a dit ça, on va pouvoir commencer.
C’est parti pour l’étude de vla les morceaux. 

Enfance.

Francis naît en Irlande. Coooooomme d’habitude, c’est un enfant qui est souvent malade, il a un maximum d’asthme, il tousse à tout bout de champ et CERISE SUR LE GÂTEAU, il se fait allègrement fracasser par son père. 

Vous connaissez la suite. Francis va devenir artiste.

La famille vit entre Londres et Dublin. Le père bosse dans les chevaux, et accessoirement pour le ministère de la Guerre, puisque c’est la guerre. 
Francis est homosexuel, ce qui semble être une bonne raison pour son père de le rejeter et de l’envoyer vivre partout, mais pas chez lui, à Londres.
Bacon a 15-16 ans quand il part vivre seul.
Sa mère est une femme intelligente et continue de lui verser de l’oseille pour qu’il puisse vivre, bien que les sommes ne soient pas folichonnes.

Voilà, donc là déjà on est sur de la joie, du bonheur, et de la tolérance, un combo exceptionnel.  

Berlin – Paris – Londres.

Bacon ne va pas se laisser abattre. A sa majorité, il voyage entre Berlin et Paris. 

En 1928, il rentre à Londres et s’installe officiellement comme décorateur. A côté de ça, il peint ses premières toiles. 

Il s’amuse bien lors de ces différents voyages.

J’ajoute ici que Francis adore jouer au casino, adore les corridas, adore le sud de la France, adore le champagne.
On ne va pas revenir là-dessus plus tard. 

Bacon, Gouache, 1929

Influences et inspirations.

Pablo Picasso :

Diego Velázquez : 

Vincent Van Gogh : 

Rembrandt : 

Ingres : 

Bacon apprécie le surréalisme de manière générale, DONT le Chien andalou.

‘C’est quoi ton chien andalou là ? T’as pété les plombs ?’

Non. Le chien andalou, c’est le court métrage surréaliste de Luis Buñuel et Salvador Dalí. Et ça tombe super bien, car il y a un mois, on en a parlé ici

Bacon, Three figures and portrait, 1975
© The Estate of Francis Bacon.
All rights reserved. DACS 2018

Bacon s’inspire du cinéma d’Eisenstein, notamment du film le Cuirassé Potemkine, en 1925. 

Francis adorait aussi les photos d’Eadweard Muybridge, qui décomposaient le mouvement : 

Eadweard Muybridge, Man performing running straight high jump, 1830

La suite.

A partir de 1930-1931, Bacon délaisse son métier de décorateur et se concentre sur sa peinture. Il a 22 ans. 

Bacon, Painted Screen, 1930
© The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS 2018

En 1933, Bacon va peindre une Crucifixion, un thème qui revient quand même pas mal dans l’histoire de l’art, vous l’aurez probablement remarqué. Cette oeuvre est publiée dans le livre de Herbert Read ‘Art Now’ à l’époque. Donc autant vous dire que ça démarre fort.

Ladite crucifixion de Bacon est inspirée de celle de Picasso, peinte 3 ans auparavant. 
Je vous laisse juger ci-dessous. 

Je vous remets une petite crucifixion des familles, par Bacon, toujours en 1933 parce que je sens qu’on n’a pas encore assez touché le fond niveau ambiance.
© The Estate of Francis Bacon.

All rights reserved. DACS 2018

Donc là, tout se passe bien, Bacon pense que ça y est, ça décolle. Et bien non. 

En 1934, sa première expo est un échec, puis en 1936, il est refusé pour l’Exposition internationale du surréalisme, car il n’est pas suffisamment surréaliste.

Là, Bacon se dit qu’il va arrêter la peinture. Il détruit presque tout son travail en 1941. Ça ne va pas fort. Il ne reste qu’une dizaine de toiles peintes pendant le début de sa carrière. 

En 1944, Bacon peint ce tableau, qui sera exposé à la Lefevre Gallery en 1945 :

Bacon, Three studies for figures at the base of a crucifixion, 1944
Tryptique, Huile et Pastel sur panneau, 94x74cm chacun.

© The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS 2018

Le tableau passe moyennement auprès du public, car en 1945, on en a suffisamment chié comme ça pendant la guerre, donc si le gars pouvait nous présenter des trucs un peu plus guillerets, ce serait sympa. Désolée Francis mais on a besoin de rigoler là. Tes goa’ulds qui se tordent en 4, ce sera pour un autre jour. 

Rassurez-vous, le tableau sera acheté par la Tate en 1953. Cette toile aura eu le mérite de lancer Bacon pour de bon. 

Mais revenons un peu sur le machin qui s’agite dans le triptyque. 

‘Qu’est-ce ?’ 

Francis adorait lire, et ces créatures viennent des oeuvres d’Eschyle.

Eschyle est un dramaturge grec né c. 525 avt JC. Dans ses récits, il parle des Érinyes, créatures représentées ci-dessus. Les Érinyes sortent de la mythologie grecque et seront identifiées aux Furies chez les romains. Ce sont des créatures justicières et vengeresses MAIS elles sont surtout très très en colère, elles châtient à tout va, et n’appliquent que leurs propres lois (mais de manière hyper vénère). Ça part en fouet, ça part en torches, ça part sur des yeux injectés de sang. Bref, les Érinyes sont soupe au lait.

Dans les années 40-50, Bacon pèse dans le game.

Il entame la série des Papes. Personne n’est d’accord sur l’interprétation à donner à l’utilisation de la figure du Pape. On ne va donc pas se lancer dans des suppositions. Néanmoins, le thème de la bouche, qui crie, qui est ouverte, revient souvent dans les toiles de Bacon. 

Ça n’arrête pas de gueuler dans ses peintures, je peux pas vous dire mieux. 

« J’aime, pourrait-on dire, le luisant et la couleur qui viennent de la bouche et j’ai toujours espéré, en un sens, être capable de peindre la bouche comme Monet peignait un coucher de soleil ».

Voilà. Allez la drogue.

« Il n’y a rien de morbide ni de dur dans tout ça. C’est seulement la violence qui tourne autour des hommes à chaque seconde de leur vie ».

C’est certain.

Dans les années 1960, Bacon pèse toujours dans le game.

Bacon, Studor for a pope III, 1961
© The Estate of Francis Bacon.
All rights reserved. DACS 2018
Bacon, Study of red pope, 1962, Second Version
© The Estate of Francis Bacon.
All rights reserved. DACS 2018
Bacon, Three studies for a crucifixion, 1962
© The Estate of Francis Bacon.
All rights reserved. DACS 2018

L’instant love.

Dyer et Bacon, dans l’Orient Express, en 1965

En 1963, Bacon rencontre George Dyer, pendant que celui-ci essaye de le cambrioler au calme, selon la légende. Il vivront 8 ans ensemble. 

(Avant ça, il était avec un autre mec, mais on n’est pas chez Closer ici donc on va abréger).

Dyer picole, se drogue, déprime, rigole, gueule, on ne s’ennuie pas avec lui. 

Spoiler : il va se suicider. 

Dyer est TRÈS souvent représenté dans les peintures de Bacon.

Bacon, Three studies of George Dyer, 1966
© The Estate of Francis Bacon.
All rights reserved. DACS 2018

George Dyer se suicide dans un hôtel parisien en 1971, la veille de la rétrospective de Bacon au Grand Palais.

Voilà, donc déjà que Bacon n’était pas joyeux, là ça va être de pire en pire. 

Du coup, en 1974, Bacon rencontre John Edwards, qui est son modèle, et son ami. Juste ami, calmez-vous. Bacon lui lèguera tous ses biens.

Francis et John.

Autoportrait

Bacon faisait beaucoup d’autoportraits, car, disait-il, comme tout le monde crevait autour de lui, il n’avait que son propre visage sous la main. 

Ambiance. 

Bacon, Two studies for self portrait, 1972
© The Estate of Francis Bacon.
All rights reserved. DACS 2018

Bon bah voilà. Bacon aurait été famous de son vivant, c’était un gars peu joyeux, un mec qui aime lire, qui aime picoler, un acharné de travail, et un mec talentueux (sans déconner ?). 

Sans transition, Bacon décède en 1992 à 82 ans, à Madrid.

Bacon, Self-Portrait, 1991-1992
© The Estate of Francis Bacon.
All rights reserved. DACS 2018

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